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Marchés 2026

Marchés 2026 : perspectives et positionnement stratégique

MarchéMars 2026

Un environnement que les marchés n'avaient pas anticipé

Fin février 2026, un nouveau foyer de tensions au Moyen-Orient a fait franchir au Brent le seuil des 100 dollars le baril pour la première fois depuis 2023. En quarante-huit heures, les indices européens ont cédé entre 3 et 5 %, tandis que Wall Street limitait ses pertes. Ce n'est pas un accident de calendrier : c'est la confirmation que la géopolitique est désormais une variable structurelle de la construction de portefeuille, et non plus un risque exogène à gérer à la marge.

Les grandes maisons d'investissement qualifient unanimement cet environnement de "désordre contrôlé" : une économie mondiale qui résiste, des banques centrales en phase de stabilisation, et des tensions géopolitiques qui dictent des réallocations profondes. Pour les familles et les entrepreneurs qui construisent un patrimoine sur le long terme, ignorer cette nouvelle cartographie revient à naviguer sans boussole.

Un choc pétrolier qui ravive des craintes que l'on croyait maîtrisées

Près de 20 % du trafic pétrolier mondial transite par le détroit d'Ormuz. La perturbation de cette voie a ranimé des pressions inflationnistes que les banques centrales pensaient avoir neutralisées. La BCE, qui avait stabilisé son taux de dépôt à 2 % avec une inflation revenue à cible, et la Fed, qui envisageait une à deux baisses de taux sur l'année, se retrouvent face à une équation bien plus complexe.

Les marchés intègrent désormais un scénario de maintien prolongé des taux, avec un risque de rehaussement si l'inflation devait se réancrer au-dessus des objectifs. Cette perspective affecte directement la valorisation des actifs, la duration obligataire et, pour les porteurs de dette à taux variable, le coût réel du levier.

Une divergence géographique qui structure les allocations

La réaction des marchés a été asymétrique. Les indices européens ont subi des corrections marquées, exposés à leur dépendance énergétique. Les marchés américains ont fait preuve d'une relative résilience, soutenus par le statut de valeur refuge du dollar et par la position nette exportatrice en énergie de l'économie américaine. Cette divergence n'est pas conjoncturelle : elle appelle une révision de la pondération géographique dans les portefeuilles des grands patrimoines.

La géopolitique n'est plus un risque exogène. Elle est devenue une variable de construction dans tout portefeuille patrimonial sérieux.

Ce que cela implique pour les clients MFO

Pour les entrepreneurs en phase de liquidité, la volatilité accrue comprime les multiples de valorisation dans certains secteurs exposés aux coûts énergétiques. Le produit de cession, une fois réinvesti, doit être positionné dans un environnement de taux élevés persistants, ce qui pénalise les stratégies obligataires longues et renforce l'intérêt des actifs réels et de la dette privée à taux variable.

Pour un athlète dont les revenus sont concentrés sur une fenêtre courte, la correction de février 2026 est une démonstration concrète du risque de concentration temporelle. La discipline d'allocation entre actifs liquides, semi-liquides et illiquides n'est pas une contrainte : c'est une protection.

Pour les familles internationales multi-juridictions, la question des liquidités en devises, de la détention d'actifs réels dans des juridictions stables, et de la structuration de la transmission dans un contexte de taux plus élevés méritent une révision de l'allocation globale, et non pas une gestion silo par juridiction.

Nos convictions stratégiques pour 2026

Diversification géographique. Le recul structurel du dollar ouvre des opportunités sur les marchés émergents, en particulier dans les secteurs technologique en Asie et industriel en Inde. En Europe, les réformes budgétaires et les dépenses de défense créent des catalyseurs concrets sur les valeurs mid et small cap, longtemps délaissées.

Actifs réels et or. Les banques centrales mondiales détiennent désormais plus d'or que de bons du Trésor américain, un signal structurel sur le rôle de l'or comme réserve de valeur géopolitiquement neutre. Dans un contexte inflationniste latent, l'immobilier de qualité, les infrastructures et les matières premières sélectives jouent un rôle de protection que les obligations souveraines ne peuvent plus assurer seules.

Marchés privés. Private equity, dette privée, infrastructure : ces classes d'actifs restent des piliers incontournables dans l'allocation des grands patrimoines. Ils offrent une décorrélation réelle avec les marchés cotés et une prime d'illiquidité qui, dans un environnement de volatilité accrue, représente un avantage structurel pour les investisseurs capables de s'engager sur des horizons de cinq à dix ans.

Crédit investment grade. Moins sensible aux taux directeurs que les obligations souveraines, le crédit investment grade court conserve une attractivité structurelle dans un contexte de spread compressé. C'est un véhicule de rendement réel positif que MFO intègre systématiquement dans les portefeuilles à horizon de liquidité intermédiaire.

Takeaway

En 2026, les patrimoines qui résistent ne seront pas ceux qui auront anticipé le bon scénario. Ce seront ceux qui auront été construits pour traverser plusieurs scénarios sans rupture. L'indépendance du conseil, la rigueur de l'allocation et la discipline de révision régulière sont les trois variables qui font la différence dans un environnement de désordre contrôlé.

Si vous souhaitez réviser votre allocation à la lumière de ces évolutions, l'équipe de MyFamilyOffice est disponible pour un échange confidentiel et sans engagement.

Sources

  • [1] Goldman Sachs Global Investment Research, "Geopolitical Risk Premium in Asset Allocation", février 2026.
  • [2] Banque centrale européenne, Communiqué de politique monétaire, janvier 2026 ; Federal Reserve, FOMC Statement, janvier 2026.
  • [3] J.P. Morgan Asset Management, "Guide to the Markets Q1 2026", mars 2026.
  • [4] BlackRock Investment Institute, "2026 Global Outlook", janvier 2026.
  • [5] Morgan Stanley Research, "European Mid and Small Cap Strategy", mars 2026.
  • [6] World Gold Council, "Central Bank Gold Reserves Report", Q4 2025.

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