
Allocation Patrimoniale
Private equity : quelle place dans une allocation patrimoniale ?
Un chiffre qui dit tout
En 2025, les transactions mondiales de private equity ont atteint près de 2 000 milliards de dollars. Ce n'est pas le signe d'un engouement passager. C'est le reflet d'une reconfiguration structurelle de la façon dont les grandes familles fortunées construisent et préservent leur patrimoine dans la durée.
Selon J.P. Morgan, environ 30 % du portefeuille type d'un family office est aujourd'hui alloué au private equity, et 37 % des gestionnaires prévoient d'augmenter cette exposition en 2026. Quand plus d'un tiers des professionnels de la gestion patrimoniale haut de gamme s'apprête à renforcer une position, la question n'est plus de savoir si cette classe d'actifs mérite une place dans une allocation, mais comment l'y intégrer avec rigueur.
Un alpha démontré sur le long terme
Sur une période de 20 ans, les fonds de private equity ont généré un rendement annualisé net compris entre 12 % et 14 %, contre environ 9 % pour le S&P 500. Cette surperformance de 3 à 5 points par an n'est pas anecdotique : sur un horizon multigénérationnel, elle représente un différentiel de création de valeur considérable.
Cet alpha s'explique par plusieurs facteurs convergents. L'accès à des entreprises non cotées à des stades de développement où la création de valeur est la plus forte. Un levier opérationnel plus direct qu'en bourse, permettant aux équipes de gestion d'agir concrètement sur la structure, les coûts et la stratégie. Et un horizon d'investissement naturellement aligné sur celui des grandes familles patrimoniales, qui raisonnent sur plusieurs générations, pas sur des trimestres.
En 2025, les dynamiques de marché ont renforcé ces fondamentaux : les opérations de take-private et les mégadéals dans l'infrastructure liée à l'intelligence artificielle ont tiré la croissance du secteur. La dynamique reste solide pour 2026.
Ce que ça implique pour les clients MFO
Pour les familles fortunées multigénérationnelles, le private equity représente un véhicule naturellement aligné sur leur horizon : l'illiquidité d'un fonds sur 7 à 10 ans n'est pas une contrainte pour un patrimoine qui se gère sur plusieurs décennies. C'est au contraire une prime de rémunération pour une patience que ces familles possèdent structurellement.
Les entrepreneurs post-cession disposent souvent d'un capital important à redéployer, avec peu de besoins immédiats de liquidité. Le private equity leur permet de maintenir une exposition à l'économie réelle et à la création de valeur opérationnelle, dans un registre qu'ils connaissent intimement. Le co-investissement aux côtés de gérants de premier quartile peut également offrir une forme d'engagement plus direct.
Les athlètes professionnels ont une contrainte inverse : des revenus concentrés sur une fenêtre courte, un patrimoine à construire rapidement, et un horizon de vie active souvent inférieur à 15 ans. Pour eux, l'allocation en private equity doit être dimensionnée avec soin : n'engager que le capital dont la liquidité n'est pas requise avant la fin de carrière. C'est un exercice d'équilibre, pas une formule.
L'angle MyFamilyOffice
Chez MyFamilyOffice, le private equity n'est pas traité comme une case à cocher dans une allocation standardisée. C'est un pilier structurant, calibré sur l'horizon réel de chaque famille, sa capacité effective à immobiliser du capital, et ses objectifs de transmission.
La sélection rigoureuse des gérants est déterminante : la dispersion des performances entre fonds de premier et dernier quartile est nettement plus élevée en private equity qu'en gestion traditionnelle. Accéder aux gérants les plus performants, souvent fermés aux nouveaux investisseurs, est l'un des avantages concrets d'un réseau bien construit.
Le dimensionnement cohérent de l'engagement repose sur une règle pratique simple : n'allouer aux marchés privés que le capital dont la famille n'aura pas besoin sur l'horizon de vie du fonds. Cela suppose une vision claire de l'ensemble du bilan patrimonial, pas seulement de la poche d'investissement.
Le suivi dans la durée est aussi important que la sélection initiale. La courbe en J du private equity est incontournable : les premières années affichent une performance comptable négative, avant que les cessions ne génèrent les distributions attendues. L'accompagnement dans cette période de conviction distingue les investisseurs qui réalisent le potentiel de la classe d'actifs de ceux qui abandonnent à mi-parcours.
En conclusion
Le private equity n'est pas une classe d'actifs pour toutes les situations, ni pour toutes les étapes d'une vie patrimoniale. Mais pour les familles qui peuvent l'aborder avec un horizon long, une liquidité suffisante et un accès aux bons gérants, c'est l'un des rares leviers capables de générer un différentiel de performance durable sur plusieurs générations.
La question n'est pas de savoir si le private equity doit figurer dans une allocation patrimoniale ambitieuse. La question est de savoir comment le dimensionner, avec qui, et à quel moment.
Sources
- 1. PwC — Global Private Equity Report 2025. Transactions mondiales de private equity, données annuelles 2025.
- 2. J.P. Morgan — Family Office Report 2025. Allocation et intentions d'investissement des family offices mondiaux.
- 3. Cambridge Associates — Private Equity Index and Selected Benchmark Statistics. Rendements annualisés sur 20 ans, données à fin 2024.
- 4. Preqin — Global Private Equity & Venture Capital Report 2025. Dispersion des performances entre quartiles de gérants.
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